Une petite mort pour une grande renaissance

28 mai 2017 - 10:13

Ce weekend, au Complexe des Sablières, le CSSG jouera, par l’intermédiaire de son équipe réserve, le dernier match de son existence. 96 ans de rouges et blancs gambadant sur les rectangles verts que ce mois de mai 2017 va stopper, pour mieux se relancer avec son voisin chasseneuillais. Un changement d’air, d’habitude aussi. L’heure du bilan surtout.

 

Si l’on me demande ce qu’est le CSSG et ce qu’il représente pour moi, je répondrais que je n’étais qu’un simple acteur de sa grande histoire, un simple figurant dans un club qui a vu passer des centaines de joueurs, de dirigeants, de supporters et surtout une myriade d’émotions depuis 1921. Je ne peux parler que d’une époque que je connais, celle des années 2000-2010, mais au fond, à entendre les plus anciens, elle ne fut que quelque peu différente de la leur. À deux ou trois douches chaudes après les matchs près... Aucune nostalgie ne doit transparaitre, juste l’évocation de ces moments, de ces petites et grandes étapes de ce qui, en plus de mon éducation et mon instruction, fait ce que je suis aujourd’hui.

 

Vous savez ce que c’est, le football amateur : on veut d’abord être avec les copains et ensuite on essaie de jouer au football. Cette raison m’avait poussé à quitter l’ES Beaumont Saint-Cyr pour revêtir la tunique rouge et blanche et rejoindre un soir brumeux de décembre 2003 des copains, ceux-là même qui allaient devenir des amis, des membres de ma famille. Comme beaucoup, ces amitiés se sont d’abord tissés sur les bancs du collège mais indéniablement, il se sont forgés sur la pelouse pas toujours verte du terrain annexe des Sablières. Le football et surtout celui de la campagne, a ce pouvoir surnaturel de vous fabriquer des amis, des souvenirs, de vous donner un cadre de vie, de borner la route de votre jeunesse, celle qui construira votre vie d’homme. Les années défilent, votre parcours se construit, le caractère s’affirme et comme en amour on vit les montagnes russes avec son club. Vous l’aimez, vous le détestez et quand vous donnez tout pour lui, il vous le rend au centuple. On embrasse les montées et les grandes victoires, on pleure les descentes, on rage de ne pas jouer avec les copains et des défaites, on s’impatiente pour les compositions, on se dispute pour jouer en équipe fanion et au fond on se passionne pour tout ceci. A ceux qui doute de ces propos et qui les jugeraient exagérés, rappelez-vous des grandes étapes de votre vie, de vos amis, de vos joies, elles auront à coup sûr le CSSG comme racine ou comme conducteur… Si vous lisez ces lignes et que vous avez déjà ressenti cela, rassurez-vous, vous n’êtes pas malade, vous êtes passionnés par votre club. C’est un bon signe qui malheureusement, semble-t-il, tend à se perdre à l’aune d’une époque où l’attachement se transforme en plaisir jetable et versatile. Mais nous ne sommes pas là pour renâcler le passé et encore moins appréhender l’avenir. Souhaitons juste que les générations qui nous suivent puissent vivre intensément leur passion et donc s’épanouir comme a pu nous en donner l’occasion notre cher CSSG.

 

Le CSSG, pour moi, c’est donc des victoires, des défaites, des buts (et puis des blessures) bien sûr. Mais par-dessus tout, bien au-dessus, c’est la vie. Les copains, d’abord, les troisièmes mi-temps souvent, les rigolades multiples, les périples dans les villages sans nom et au stade champêtre parfois, les virés en boîtes, chez les uns, chez les autres ou l’on refait le monde et particulièrement celui de notre club. Les familles qui s’agrandissent et que l’on fête, les couples qui se forment et que l’on taquine, les amis parties trop tôt que l’on regrette. L’heure du bilan venu, au-delà du sportif, c’est tout ceci qui reste. On ne retient que ces moments, petits et grands, ceux qui alimenteront la conversation dans 20 ans avec ceux qui ont fait partie de cette belle histoire. C’est pour tout cela que je crois sincèrement avoir vécu la même chose que mes ainés avec la différence évidente d’époque et donc de références qui vont avec. Au fond, nous gardons la même chose dans nos cœurs à l’évocation de notre club favori, c’est ce qui constituera l’Essentiel.

 

Dimanche, je ne sais pas si mes amis auront véritablement ça à l’esprit à l‘heure d’entrer sur le terrain pour y défier Dissay pour la "der des ders". J’espère qu’ils l’auront, quand en août prochain ils revêtiront le maillot du nouveau club. Qu’ils sauront qu’ils portent en eux les ADN du CSSG et que, grâce à eux, ils feront vivre encore ce cœur rouge et blanc dans la nouvelle entité, qui espérons-le saura s’en nourrir pour créer une nouvelle identité, un nouveau sentiment d’appartenance, ciment essentiel à la pérennité d’un club.

 

Et à ceux qui crient au crime de lèse-majesté, ceux qui accusent certains de la mort d’un club presque centenaire, dites-vous que ce n’est qu’un renouveau. Félicitez-vous de marier une dame de 96 ans, toujours pimpante, qui a décidé de voir plus grand, de dépasser les clivages de clochers et de s’inscrire pleinement dans son époque, à l’heure où le mot rassemblement est devenu maitre même au plus haut niveau de l’Etat…

 

Alors oui, les premiers mois seront ceux de la découverte de l’autre, du tâtonnement, des hésitations, de la prise de repère. Comme en amour. Et c’est peut-être dans ces moments qu’il faudra se tourner vers le passé. Non pas par nostalgie mais pour se repérer, se guider pour l’avenir. Le passé doit ne servir qu’à ça. Se souvenir et retenir.

 

Vamos CSSG.

(par François Boydens)

Commentaires

LE CSSG RECRUTE !

                                 DESCRIPTION...